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Festival Perform

 

Dans le médoc, au fin fond du sud de la France (qui reste accessible par une efficace navette !), le festival PERFORM présentera sa deuxième édition en août prochain. En plusieurs événements, cette manifestation pensera les limites sous toutes leurs formes. Les artistes accueillis mettront la performance à l'honneur en traversant ce qu'elle défend dans l'art contemporain, en représentant ses échos dans les arts vivants et ceux qui parcourent l'art numérique. Pensée par Sarah Trouche, PERFORM veut fédérer, rassembler tout le monde en festoyant deux jours de fêtes bacchanales performatives (et entièrement gratuites !), mais également en présentant hors les murs des archives de performance des collections du FRAC MECA, en proposant des randonnées performatives pour explorer la région et des ateliers pour les plus jeunes et les plus âgés. Quoi de plus judicieux pour repenser le patrimoine matériel et immatériel de terres rurales trop souvent oubliées que la performance, un médium étrangement considéré ?

In the Médoc, at the far end of the south of France (which remains accessible by an efficient bus!), the PERFORM festival will present its second edition next August. In several events, this festival will think about limits in all their forms. Hosted artists will highlight the performance by exploring what it advocates in contemporary art, by representing its echoes in the living arts and those who travel through digital art. Thought by Sarah Trouche, PERFORM wants to federate, to bring everyone together by celebrating two days of performative bacchanal festivities (entirely free!), but also by presenting the performance archives of the FRAC MECA collections, by offering performative walks to explore the region and workshops for young and old alike. What could be more judicious in rethinking the material and immaterial heritage of rural lands too often forgotten than performance, a medium strangely considered?

Le festival PERFORM prend à bras le corps la performance, genre artistique à part. Difficilement définissable, la légende raconte qu’elle aurait beaucoup à voir avec la démarche de l’artiste américain Allan Kaprow, qui, en 1959, revendique ne plus vouloir être un « peintre d’action », mais un « artiste d’action ». Là, le médium permettant l’œuvre se déplace du support académique employé dans les Beaux-Arts (la toile de la peinture par exemple), au corps de l’artiste. Il n’y a plus d’objet entre son expression et le spectateur, mais un lien direct et immédiat. Ce corps de l’artiste est alors interrogé, malmené, absorbé, poussé en dehors de ses limites. Et c’est ce qu’il nous sera permis de découvrir avec le travail de Allora et Calzadilla, Sarah Bachinger, Julien Blaine, Guiditta di Cataldi, avec la Cie Chendance, la Cie Christine Hassid project, Samson Contempasis, Aurélien Froment, Kendell Geers, Hava Hudry, Stein Henningsen, Cie In, Kubra Khademi, Thomas Lanfranchi, Quan Bui Ngoc, Collectif Scale, Jeanne Susplugas, Nicolas Tourte et Laurent Valera. De quoi permettre d’actualiser pluriellement ce dense concept de la performance.

The PERFORM festival takes the performance art genre in its entirety. Difficult to define, the legend says that it would have a lot to do with the approach of the American artist Allan Kaprow, who, in 1959, claims not to want to be a "painter of action", but an "artist of action". There, the medium allowing the work moves from the academic support employed in the Fine Arts (the canvas of the painting for example), to the artist's body. There is no more object between his expression and the spectator, but a direct and immediate link. This body of the artist is then questioned, abused, absorbed, pushed out of its limits. And this is what we will be allowed to discover with the work of Allora and Calzadilla, Sarah Bachinger, Julien Blaine, Guiditta di Cataldi, with the Cie Chendance, the Cie Christine Hassid project, Samson Contempasis, Aurélien Froment, Kendell Geers, Hava Hudry, Stein Henningsen, Cie In, Kubra Khademi, Thomas Lanfranchi, Quan Bui Ngoc, Collectif Scale, Jeanne Susplugas, Nicolas Tourte and Laurent Valera.

C’est vraiment à partir des années 1970 que la performance est reconnue comme technique d’expression artistique. Elle assure à l’artiste un rayonnement direct dans la société puisqu’il ou elle y prend part, là, en face des spectateurs. Parfois, la présence de ces derniers est impossible. Alors, la performance, dans un temps immédiat, sans coupure, et promise à diffusion, est filmée. Poétique ou politique, elle raconte toujours un geste engagé. Ici, pour PERFORM, c’est la question de la limite qui orientera ces gestes. Limites du corps humain, comme on peut l’envisager avec l’artiste norvégien Stein Henningsen qui se met en scène dans des situations extrêmes, limites de l’environnement où s’installe le réel avec les travaux de Thomas Lanfranchi ou limites du corps genré dont les nombreuses polémiques révèlent les tabous avec les œuvres de Kubra Khademi. Finalement, cette édition du festival PERFORM interrogera les limites de ce que l’on pourrait caractériser de performance.

It is really since the 1970s that performance art is recognized as a technique of artistic expression. It guarantees to the artist a direct impact in the society since he or she takes part in it, there, in front of the spectators. Sometimes, their presence is impossible. Then, the performance, in an immediate time, without cut, and promised to diffusion, is filmed. Poetic or political, it always tells a committed gesture. Here, for PERFORM, it is the question of the limit which will direct these gestures. Limits of the human body, as can be envisaged with the Norwegian artist Stein Henningsen who puts himself on extreme situations, limits of the environment where reality settles with the works of Thomas Lanfranchi or limits of the gendered body whose many polemics reveal the taboos with the works of Kubra Khademi. Finally, this edition of the PERFORM festival will question the limits of what could be characterized as performance.

Depuis l’avènement du numérique, la performance prend des détours mécaniques. En partie ou entièrement, la machine devient œuvre. C’est elle qui se présente au public par le biais de l’artiste qui la manipule en direct. Tout l’attirail technologique permet alors de dessiner un message, un discours artistique et d’entrer, de manière singulière, en lien avec le spectateur. Là, le hasard se mêle à l’autonomie du numérique, à la projection et à l’immersion. C’est ce que l’on observe dans le travail de Nicolas Tourte qui anime des objets inanimés en bousculant les atmosphères et les dimensions. Dans les performances de Jeanne Susplugas, c’est un changement de réalité qui est proposé. Avec des environnements accessibles en réalité virtuelle, elle offre une plongée dans d’autres expériences sensorielles. Le numérique peut également faire danser les lumières, et c’est ce qu’envisagera la compagnie winterstory, le chorégraphe Quan Bui Ngoc et le collectif Scale, qui, pour le festival PERFORM, promet de faire bouger le Médoc…

Since the advent of digital technology, performance has taken mechanical detours. In part or entirely, the machine becomes an artwork. It is the machine that presents itself to the public through the artist who manipulates it in live. All the technological paraphernalia allows then to draw a message, an artistic speech and to enter, in a singular way, in connection with the spectator. There, the chance mixes with the autonomy of the digital, the projection and the immersion. This is what we observe in the work of Nicolas Tourte who animates inanimate objects by shaking up atmospheres and dimensions. In the performances of Jeanne Susplugas, it is a change of reality which is proposed. With environments accessible in virtual reality, she offers a immersion in new sensorial experiences. The digital can also make the lights dance, and this is envisaged by the company winterstory, the choreographer Quan Bui Ngoc and the collective Scale, which, for the festival PERFORM, promises to move the Medoc ...

S’il est question de rapport direct au corps, la genèse de la performance pourrait tout à fait s’envisager avec ce que l’on appelle les arts vivants qui existent au moins depuis que les Grecs de l’Antiquité en ont usé. Pour autant, la performance se détache du théâtre en ce qu’elle est assumée dans un temps réel et non fictionnel. C’est le temps du corps qui est à l’œuvre, celui de l’artiste, mais aussi celui du spectateur, à contrario du théâtre où c’est celui de l’histoire qui est racontée qui prime. La distinction avec la danse est plus difficilement discernable, car les gestes qui s’y déploient sont directs, immédiats et permettent d’innombrables discours. C’est ce que l’on peut constater dans les chorégraphies de la compagnie française Cie Christine Hassid project où le corps matérialise ce qu'il est impossible de voir, comme l'est le souffle, l'énergie ou les fluides qui le traversent. La Cie Chendance, elle, met en avant des gestes qui traduisent des mots, évoquent des ambiances, et révèlent des sentiments. Ces performances, accolées aux arts vivants, promettent un moment de partage intrigant où le langage corporel tente de trouver l’universel.

If it is a question of a direct relationship with the body, the genesis of performance could quite easily be considered with what we call the living arts, which have existed at least since the ancient Greeks used them. For all that, the performance is detached from the theater in that it is assumed in a real time and not fictional. It is the time of the body that is at play, not only the one of the artist, but also the one of the spectator, in contrast to the theater where it is the time of the story that is told that is most important. The distinction with the dance is more difficult to discern, because the gestures which are deployed there are direct, immediate and allow innumerable discourses. This can be seen in the choreographies of the French company Cie Christine Hassid project where the body materializes what is impossible to see, as is the breath, the energy or the fluids that flow through it. The Cie Chendance puts forward gestures that translate words, evoke atmospheres and reveal feelings. These performances, coupled with live arts, promise an intriguing moment of sharing where body language tries to find the universal. 

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